Vous trouverez
ci-dessous l'intégralité du texte de l'article paru dans le Journal
Sud-Ouest, le mercredi 20 décembre 2006 :
DORDOGNE.
--À l'heure de la banalisation des techniques de communication les
plus lointaines, quelle est encore la motivation des deux cents
radioamateurs qui ont planté leurs antennes en Périgord ?
Les radioamateurs Périgordins s'apprêtent à commémorer un...non-événement :
« Après la tempête du 29 décembre 1999, les deux cents que nous sommes en
Dordogne avons été à deux doigts d'être mobilisés dans le cadre du plan
Orsec, comme le furent nos amis du Gard, lors des inondations », se rappelle
Patrick Aldrin, alias F5OVZ, électricien dans le milieu automobile devenu
pompier à Sarlat, successeur en 1993 de l'abbé Mathieu à la présidence du
REF 24 (lire ci-contre) ainsi que formateur. C'est l'inévitable côté
sympathique de ce monde de radioamateurs, comme le décrit très bien le film
« Si tous les gars du monde », de Christian-Jacques.
« On ne peut remplacer la voix des copains par un clavier »
Nous sommes chez Pierre Rossignol, alias F6HAC, aux Réjoux à Mayac, que
signalent de loin onze antennes métalliques élevées.
Dans son atelier-radio envahi d'écrans, d'onduleurs et de micros, cet ancien
électricien en bâtiment, passé par les transmissions militaires, la
porcelaine et le foie gras, est fier de ses séjours à Brazzaville et Tahiti.
Il vient de contacter, sur les ondes, une expédition aux îles Lacadives en
Inde.
Magie des liaisons exotiques en décamétrique, VHF (Very high frequency) ou
UHF (Ultra high frequency) ?
Pérennité de la voix.
Montrant son cahier de trafic méticuleusement tenu à jour, Pierre Rossignol
est intarissable sur les vertus des émissions radio, même s'il a lui aussi
pris le tournant d'Internet.
S'il rappelle que les antennes télé sont « un héritage du REF », il insiste,
surtout, sur la « pérennité d'une voix qu'on peut reconnaître vingt ans
après l'avoir entendue une première fois ». Soupir : « On ne peut remplacer
la voix des copains par un clavier? » Il s'étend enfin sur le morse, qui
véhicula le dernier SOS du « Titanic ».
L'accent.
Une voix canadienne s'invite soudain, depuis nulle part, dans la
conversation. Sourires. Nous parlons des deux radio-clubs de Sarlat et
Bergerac ; des liens du REF 24 avec l'Adrasec pour la protection civile, ou
encore avec le Spéléo-secours ; des rendez-vous du dimanche matin autour
d'un QSO (échange).
Les deux amis sacrifient encore à la nostalgie : « Dire qu'au début, nous
fabriquions nos postes ! » Patrick aimerait former davantage d'adeptes (1),
Pierre raconte sa première grande liaison avec Singapour, lorsqu'il tomba
sur la « Calypso ».
La radio aura été sa grande passion : « Il faut parler, parler, parler ! »,
lance-t-il en regardant les pylônes de son jardin, en bordure de route
d'Excideuil.
(1) Pour tous renseignements, tél. 05 53 59 22 41.
Suit un encadré :
C'EST QUOI UN
RADIOAMATEUR ?
Selon la définition du très officiel REF (Réseau des émetteurs français), «
le radioamateur est quelqu'un ayant reçu une autorisation en bonne et due
forme de communiquer, par radio, avec d'autres également autorisés ».
Ces communications se font sur les bandes de fréquence allouées par l’'Union
Internationale des télécommunications (UIT), y compris pour le service par
satellite.
Le radioamateur est un technicien aux compétences contrôlées et accessibles
à tous. Son administration de tutelle est l'Autorité de régulation des
télécommunications (ART) qui lui donne un certificat d'opérateur et un
indicatif, commençant en France par le préfixe F. Vraie activité
scientifique, l'émission d'amateur permet d'établir des liaisons hertziennes
radio avec le monde entier.
À la clef : des échangés très poussés en radio et électronique, le
développement de liens entre amateurs du monde entier (une règle est
cependant que les échanges doivent rester neutres et se limiter à des propos
amicaux, humanitaires ou météo). On compte en France, 20 000 radioamateurs;
75 000, en Allemagne ; 60 000, Outre-Manche ; 45 000, en Espagne; 35 000, en
Italie; 700 000, aux USA ; 45 000, au Canada. Et si le nombre de cibistes
fluctue, celui des radioamateurs reste stable.
Le tout agrémenté d'une
super photo !
Retour
|